Gobelins, l’école de l’image - Formation CRMA, promo 2007.

Comme le savent certains d’entre vous, j’ai suivi la formation “Concepteur Réalisateur Multimédia en Alternance” des Gobelins, aussi appelée CRMA. D’autres savent aussi que j’ai été renvoyé de cette formation plus ou moins 2 mois avant la fin de la seconde année, après un passage en conseil de discipline. Peu de personnes savent pourquoi et comment j’en suis arrivé à me faire virer d’une école qui m’a longuement fait rêver, d’une école qu’il est relativement difficile d’intégrer (à mon époque 16 places pour environ 500 dossiers), d’une école que j’ai vendue et défendue avec passion, que ce soit lors des JPO ou simplement en en parlant autour de moi.

Si je n’en ai jamais parlé publiquement c’est pour une simple raison, je n’aime pas m’épancher sur mes petits malheurs et/ou accidents de parcours, je n’avais pas envie de me lancer dans une croisade anti-Gobelins car j’estime que des gens de valeur y travaillent et j’estime aussi avoir une part de responsabilité dans cet échec.

Aujourd’hui, je n’ai pas tellement changé d’avis mais j’ai décidé que certaines choses devaient être dites, à l’attention des élèves, futurs élèves surtout, à l’attention des intervenants, à l’attention des recruteurs. Je vais essayer de rester courtois, de ne pas me lancer dans une diatribe violente et diffamatoire, ce que j’exprime ici n’est que ma vision des choses, telles que je les ai vécues, telles que je les ai perçues.

(notez que ce qui va suivre concerne Gobelins et sa formation CRMA sur la période 2005 - 2007, je ne doute pas que des changements positifs aient eu lieu / soient en cours depuis, j’ai moi même pu en constater à distance. Je vous encourage à lire les commentaires de l’article.)

25 Mai 2005, Reading, angleterre : C’est la fin d’après midi et j’apprends que je suis reçu à Gobelins. Encore en stage de fin d’IUT à l’époque, je jubile. Je n’avais tenté aucune autre école, je n’avais fait aucune autre inscription, je ne voulais rentrer nulle part ailleurs qu’à Gobelins. Je tente d’expliquer ma joie à mes workmates. A ce moment là, j’avais déjà trouvé et vu en entretien (lors de mon passage par paris pour mon oral) une entreprise qui avait accepté de me prendre en alternance si j’étais reçu. J’avais en effet lu quelques témoignages éparses sur Internet faisant état d’élèves reçus à l’école mais finallement dégagés car ils n’avaient pas réussi à trouver d’entreprise pour les accueillir. La perspective de rester sans entreprise me faisait réellement peur et j’avais donc pris les devant. Je ne savais pas qu’une fois reçu, l’école mettait notre CV à disposition d’un grand panel de boite. Je regrette aujourd’hui de ne pas m’être laissé le temps de passer plusieurs entretiens dans plusieurs boites différentes.

Je rentre de londres en Eurostar et m’arrête quelques jours sur Paris. Réunion d’information, rencontre avec les premiers élèves, visite de l’école, après midi CV, de ce que j’ai pu lire ça n’a pas beaucoup changé depuis. Le lendemain de cette réunion, retour à Belfort, pour effectuer ma soutenance de stage et obtenir ainsi mon DUT SRC. Trois jours après me voilà de nouveau sur Paris, je commence mon contrat d’apprentissage, travaillant donc dans un premier temps à temps plein pour l’entreprise.

Septembre, la rentrée a lieu : Pour votre information, à l’époque, le rythme d’alternance est le suivant, en première année nous faisons 3 jours à l’école et 2 jours en entreprise, le rythme étant censé changer en seconde année, 3 jours en entreprise, 2 jours à l’école.

Rapidement, dans mon entreprise (que je ne cite pas mais n’importe qui pourra savoir de laquelle il s’agit en téléchargeant mon CV) l’ambiance semble se dégrader. Ma maître d’apprentissage de l’époque parle de partir, on enchaine les déjeuners durant lesquels elle parle avec une amie de tout ce qui selon elle ne va pas. Alors je ne sais pas si vous situez la chose, mais vous êtes apprenti, vous venez d’arriver dans une boîte et la personne qui vous encadre, et que vous appréciez, parle régulièrement de partir, ça vous met pour le moins mal à l’aise. A l’époque j’en avertis l’école, qui me dit que si elle part et que personne n’est en mesure d’assurer le rôle de nouveau maître d’apprentissage, on avisera.

Quelques mois passent, divers évènements ont lieu mais sont plus de l’ordre de l’anecdotique et vu que mon but n’est pas de plomber les gens qui m’ont embauché je les garderai pour moi. En revanche, ce que je peux vous dire car ça concerne Gobelins, c’est que mon entreprise a commencé à demander de temps à autre à ce que je manque les cours, pour venir en renfort, travailler afin de boucler tel ou tel projet. Ce type de demande est censé être fermement contrôlé, car sortant du cadre stricte du contrat d’alternance qui spécifie l’obligation qu’a l’entreprise de laisser l’élève être formé durant une durée déterminée par le-dit contrat.

Gobelins a trop peu encadré ces demandes. Moi même et d’autres élèves nous sommes donc retrouvés sollicités par nos entreprises afin de travailler en plus, certaines boites demandant aux élèves de venir le samedi ou de bosser le soir, voire de bosser depuis l’école durant les TP, la mienne se contentait de demander ma présence par téléphone ou par mail, “absolument nécessaire à la bonne livraison de tel ou tel projet“.

C’est comme cela que je manquai l’intégralité de l’unique semaine de formation 3D, au nez et à la barbe de Gobelins et de sa directrice, Marie-France Zumofen, laquelle était censée approuver toute demande d’absence exceptionnelle des élèves. Nous y reviendrons.

La première année se passe donc, il m’arrive d’écrire à l’école pour me plaindre des occasionnelles dérives de mon entreprise, je remplis consciensieusement le journal d’apprenti en rapportant les tâches qui me sont données, ce dernier étant censé permettre à l’école de veiller à la mission de formation dont est aussi chargée l’entreprise. D’un point de vue strictement créatif je ne suis pas satisfait de mon alternance, les défis techniques sont trop peu présents dans les projets gérés par l’agence, je ne parviens pas à m’impliquer créativement comme je l’aurais souhaité, de là nait une certaine frustration. Il faut noter cependant que durant toute cette période, l’ambiance entre les employés de cette agence a été excellente, j’y ai rencontré des gens que j’apprécie et avec qui je suis toujours en contact, c’est important pour la suite.

Les projets à Gobelins se déroulent normalement. On nous reproche une fois sur notre premier projet collectif de donner l’impression lors de notre soutenance d’être moins fatigués que les autres équipes. Soit ? Fausse affaire de plagia sur ce même projet, un des membres du jury pense mettre au jour de façon triomphale la supercherie en découvrant la déclinaison du concept de NewsMap que nous avions totalement assumée puisque le site était présent dans nos planches tendances. Par ailleurs il découvrait ce site avec plusieurs mois de retard.

Légèrement avant l’été, l’école organise un sondage auprès des entreprises pour leur demander si elles seraient favorables à un changement du rythme d’alternance, pour passer en une semaine école / une semaine entreprise. Les entreprises répondent “oui” en majorité, un changement du rythme d’alternance est donc décidé. Il faut savoir que les CRMA 1 (première année) et les CRMA 2 partageant la même salle et les mêmes ordinateurs, le changement doit être effectif pour les deux promos en même temps. Notre promotion allait donc changer de rythme d’alternance entre la première et la seconde année.

Projet individuel de fin de première année : le thème “Demain le déluge ? Ou après nous le temps des catastrophes.” Notre coordinatrice pédagogique nous l’avait relu plusieurs fois et avait tenté de nous l’expliquer aussi bien que possible. Nous sommes en 2006 et ce projet est censé être réalisé en Director. Il doit être accompagné d’un mini site pour lui servir de support online. Les cours de director nous sont dispensés par une personne sympathique mais manquant réellement d’envie et surtout de supports valorisants pour nous donner la motivation nécessaire à ingérer les lignes de Lingo, elle peine à nous expliquer les multiples restrictions du logiciel, les bugs que nous pouvons rencontrer sont souvent liés “à l’écran“. Les ressources en ligne pour ce logiciel fondent comme glace au soleil. Devant le boycott généralisé l’école décide de lever la contrainte Director, de toutes façons aucun élève n’était parti sérieusement sur ce soft. Une seule fille poussera l’audace à présenter un cube en 3D lors de la soutenance, en guise de geste symbolique.

Les projets individuels sont précédés d’une phase de conception, chère à l’école, notre formation s’appelant -faut-il le rappeler- Concepteur Réalisateur Multimédia. Déjà à l’époque commence à se dessiner une tendance qui est à mon sens révélatrice de la philosophie de Gobelins vis à vis de ses formations multimédia, on nous encourage à pousser nos dossiers très loin, en nous disant que si certaines choses ne peuvent être réalisées dans les temps, le jury se montrera compréhensif. Invitation au bullshitage en somme.

Je ponds un projet qui est en fait une coquille vide, je me fais allumer en soutenance, le jury reconnait ma bonne prestation orale, la qualité graphique et “technique” de mon projet mais il reste sur sa faim. Je tente de vendre ce que j’ai fait, admettant son apparente légèreté mais mettant en avant l’aspect fonctionnel de la chose, avec l’aide (importante) d’un ami développeur j’avais voulu développer un système de positionnement flash FullScreen utilisant un XML, dont il serait possible de se re-servir par la suite, mon ami ayant même pour projet d’en faire un classe ou un composant.

Au final il ressort de cette soutenance de fin de première année que le jury et l’école attendaient davantage un slideshow flash venant servir de support à un dossier bien chiadé vous vendant la lune. On aura donc vu des formulaires d’identification bidon, des bases de données simulées et des loaders entièrement faits à la timeline. Ces derniers obtenant de meilleures notes que les projets qui fonctionnaient réellement. Le jury n’ayant même pas daigné regarder le code des projets des développeurs.

Première alerte sur le divorce qui était en train de se profiler entre certains élèves et l’école. Premier élément révélateur de la difficulté qu’a Gobelins à trouver sa place entre son rôle d’école et son envie de faire “formation professionnelle”. J’y reviendrai là aussi.

Nous voilà donc fin juin : nous sommes tous contents d’être en “vacances” de mémoire il me semble que certains élèves profitent de la fin d’année pour changer d’entreprise, avec l’appui de l’école. Ma maître d’apprentissage étant toujours présente et étant devenu plus proche d’elle je suis toujours dans la mienne et décide d’y rester pour continuer à travailler avec cette chouette DA. Durant l’été, comme durant toutes les “vacances” les élèves en apprentissage passent en temps plein dans leur entreprise. Ils peuvent s’ils le désirent poser les congés obtenus durant ces périodes. Mais voilà, cette année là nous changions de rythme d’alternance. Lors de la première année nous avions été plus présent à l’école qu’en entreprise, nous étions censé compenser celà en seconde année en inversant le ratio (3 jours / 2 jours qui devenaient 2 jours / 3 jours). Il fallait donc ratrapper un certain nombre de jours. Il a été décidé par Gobelins que notre rentrée serait repoussée en Octobre (le 16 Octobre). Quasiment 4 mois coupés de l’école donc, avec la nécessité d’embrayer ensuite directement sur le projet collectif qui s’étale sur toute la seconde année. Nous nous somme inquiété de ce trou relativement important et avons obtenu que deux réunions de pré-rentrée aient lieu en septembre, afin d’évoquer les idées que nous avions eu, afin éventuellement de former les groupes de projet.

[coupure]

Au cours de l’été j’ai réfléchi aux projets que j’avais envie de soumettre aux autres élèves à la rentrée, nous en avions déjà parlé rapidement avant de nous séparer pour le summer break. J’avais déjà lancé l’idée de Bibliothèque de l’Internet. J’ai donc creusé la chose, le 29 Août j’envoyais un mail faisant part de mes découvertes et du résultat de mes recherches à notre coordinatrice pédagogique, Véronique Ficara (consultable ici pour ceux que ça intéresse). J’étais réellement motivé pour faire quelque chose de grand durant cette seconde année. J’avais envie de rebondir un peu sur la fin d’année en demi-teinte et de pondre quelque chose de fonctionnel, concret, avec des partenaires réels.

La pré-rentrée, douloureuse et chaotique : A Gobelins, quand on a une idée de projet pour la seconde année, il faut arriver à intéresser 3 autres élèves et si possible, des élèves avec des compétences complémentaires pour monter une équipe de projet. Je m’étais préparé à ce que mon projet ne passionne pas, je m’étais préparé à ce qu’il me faille peut être rejoindre une autre idée mais j’y étais ouvert, il y avait des gens avec qui j’avais envie de travailler.

Mon projet n’a pas intéressé grand monde. Pas sexy pour les uns (forcément face à du tactile, de la géolocalisation ou des hologrammes vendre la bilbliothèque du web c’est pas aisé), infaisable pour les autres, on m’a même dit que le fait que les contenus se désagrègent sur Internet faisait peut être partie de la philosophie du réseau. Terrible. Soit, passons donc à la suite.

Et là, problème. Pas assez de profil “développeur” dans la promotion. Ils ne sont que 4 pour 16, soit un par groupe si l’on fait des groupes de 4, comme cela nous l’était imposé. Du coup la composition des groupes devient compliquée, les échanges se font tendus, les affinités entre élèves rentrent en ligne de compte (notre coordinatrice nous avait demandé avec qui on désirait éviter d’être) et des gens se retrouvent sans développeurs et donc avec des projets infaisables, la situation n’est pas simple. Parallèlement à cela il y a la proposition des sujets de projets qui pose problème. En effet, il faut obtenir l’aval de Gobelins pour qu’une équipe se constitue autour d’un projet. En fait, il fallait plus qu’une bonne idée de projet.

J’avais pour envie de travailler avec deux amis, jusqu’à la dernière minute on a cherché des idées ensemble, jusqu’à la dernière minute l’école nous a laissé chercher des idées ensemble. Il s’est avéré après coup qu’il avait déjà été décidé en coulisses que notre équipe n’était pas viable. L’école ne voulait pas nous voir tous les 3 ensemble. Sur la base de nos projets de fin de première année. Hypocrisie totale donc. J’avais pourtant signifié mon désir d’être mis au courant si notre incompatibilité ou notre séparation étaient envisagées (mail). Le mieux est à venir, une fois le secret de notre incompatibilité révélé, par notre coordinatrice alors pour le moins mal à l’aise devant notre étonnement et notre mécontentement, la directrice de notre formation, Marie-France Zumofen, qui en général honore les élèves de sa présence 3 ou 4 fois dans l’année, a tenté un passage en force, tout simplement. Elle s’est donc emparé d’un feutre veleda et a entrepris de former les équipes elle même. Elle a noté les 4 développeurs au tableau et leur a assigné une équipe. Il est croustillant de préciser qu’elle avait oublié le prénom de certains élèves, nous n’étions pourtant pas nombreux. Voilà, en cinq minutes elle avait donc décidé à elle seule d’avec qui nous allions travailler durant l’année à venir. Le meilleur étant qu’elle n’avait bien sûr respecté aucuns des choix d’affinités que nous avions remis à notre coordinatrice, je pense qu’elle n’en avait même pas pris connaissance. Je pense que les développeurs ne se sont jamais autant sentis “objets” qu’à ce moment là.

Car on est de jeunes adultes et que la maternelle est loin derrière nous, on fait comprendre à la directrice que l’on n’entend pas laisser les choses de passer ainsi, évoquant même l’idée pour certains d’entre nous d’abandonner l’école si cette dernière ne fait pas plus de cas de notre sort.

Les groupes sans développeurs se retrouvent dans une drôle de situation, se demandant alors si bosser avec un développeur qui fait la gueule et qui n’éprouve aucun intérêt pour leur projet se révèlerait en définitive mieux ou non que bosser sans développeur du tout.

Au final personne n’est content. Après cet accès d’autoritarisme sans résultat, Marie-France Zumofen décide donc de quitter la salle et menace “je vous laisse 30 minutes pour trouver une solution“. Est-il nécessaire de préciser que présentement, le problème dont il nous incombe, à nous élèves, de trouver une solution est le fait de l’école qui lors de son recrutement n’a pas assez diversifié les profils sélectionnés ?

Par miracle, nous y parvenons, il est décidé qu’au lieu de 4 groupes il n’y en aura que 3, pour compenser le fait qu’un ami développeur aille travailler avec des personnes qu’il aurait préféré éviter initialement je décide de le rejoindre dans le groupe.

La rentrée se présente donc ainsi : un groupe de 5 personnes, content, aucune animosité particulière entre ses membres, un second groupe de 5 personnes, le mien, avec des gens qui au départ ne prévoyaient pas de bosser ensemble, je pense de part et d’autre et un dernier groupe de 6 personnes (!!) dont deux développeurs, le sujet du groupe nécessitant selon l’école et selon ces derniers cette force de développement.

Un groupe de moins que d’habitude, une répartition originale et un changement de rythme d’alternance, voici comment se présente cette seconde année, challenge.

Le 22 Octobre 2006, soit 6 jours après la rentrée : le premier mail de groupe part, les premiers PDF. Il est envoyé à Véronique Ficara, notre coordinatrice, Laure Poulain qui à terme aura le même rôle de Véronique et Frédéric Mit, un internevenant donc je vous reparlerai. Notre équipe est donc composée de 2 filles, toutes deux graphistes le thème du projet est le leur initialement, 3 garçons dont deux sont graphistes (moi entre autres), le dernier étant développeur.

Le 24 Octore 2006, soit 8 jours seulement après la rentrée : j’envoie un mail à Véronique pour l’avertir que ma maître d’apprentissage est désormais en préavis, qu’elle ne sera plus là à partir de Décembre. Je précise aussi pour votre information qu’en Septembre 2006, une développeuse CRMA 1 avait rejoint mon agence, en alternance elle aussi et malgré tout les warnings que j’avais pu adresser à Gobelins. Elle partira un mois plus tard, avant la fin de sa période d’essai, la personne lui servant de maître d’apprentissage n’avait de toutes façons par les qualifications requises par le contrat d’apprentissage pour occuper ce poste, le CV avait été modifié pour correspondre. Je fais pars de mes doutes à véronique. Que faire, partir immédiatement ? Attendre décembre et l’éventualité que la boîte retrouve une personne ayant les qualifications requises pour m’encadrer, mon actuelle maître d’apprentissage étant la seule de la boîte à les avoir. Partir en décembre ? Elle me répond rapidement, elle trouve aussi la situation problématique et me dit en faire part à Marie France Zumofen. Cette dernière ne lui répond pas de la journée. (mail)

Je n’ai pas de traces de mails ensuite. Je pense que les échanges ont été de vive voix ou par téléphone. Je soulignerai juste le caractère ferme et affirmatif quant à la possibilité de la démarche de quitter une entreprise, on me donne un nom de boite qui cherche, on me dit de contacter untel.

05 Novembre 2006 : nous envoyons notre note d’intention, PDF de 26 pages comportant des planches de style, des concepts graphiques, des documents techniques. En copie, la même équipe : Véronique Ficara, Laure Poulain, Frédéric Mit. Ce dernier nous répond le 14 Novembre 2006 :

Bonjour,

Tout d’abord mes félicitations pour l’envoi rapide de votre document et l’ensemble du travail effectué, vous trouverez mes remarques en cliquant sur le texte surligné en jaune ou en cliquant sur les bulles jaunes. Mes notes sont aussi sous la forme de questions.
Bonne reception et bonne lecture.

Frédéric

22 Novembre 2006, mail de Véronique concernant l’Alternet et le carnet d’apprenti :

Bonjour à toutes et tous,
En espérant que vous passiez toutes et tous une excellente semaine dans vos entreprises respectives, un petit mail pour vous rappeler que vous n’avez pas encore rempli ALTERNET, c’est à dire votre carnet d’apprentissage.

Hormis que ce carnet est un élément fondamental pour la liaison école/entreprise, comprendre vos activités, succès, difficultés, voire pour identifier des nouvelles activités qui seraient judicieuse d’intégrer dans notre cursus, n’oubliez pas que remplir ce carnet est obligatoire en apprentissage. D’ailleurs, j’ai fait une démo mardi d’Alternet à des enseignants de l’E.A.P et lorsqu’il a fallu montrer le contenu des carnets, je me suis retrouvée bien embarrassée.

Le mien était bien rempli. Elle leur a d’ailleurs montré, si je ne m’abuse, et l’assistance en lisant mes rapports de s’exclamer “Ohlala on dirait qu’il y a un problème dans l’entreprise de cet apprenti“.

16 Décembre 2006, soutenance de mi-parcours.

Sont présentes les personnes habituelles qui encadrent le projet. Durant les mois précédents des absences ont été à déplorer dans l’encadrement d’ailleurs ce qui nous a obligé à nous répéter de nombreuses fois lors des réunions que nous avions, l’un des interlocuteurs ayant toujours loupé la réunion précédente. On a connu plus agréable sensation que celle de piétiner lorsqu’on se sent déjà en manque de temps.

Nous sommes en décembre, ma maître d’apprentissage quitte donc la boîte, cette dernière ayant retrouvé une nouvelle directrice artistique je décide d’y rester, devant le peu de temps qu’il me reste à y passer, ne souhaitant pas aller au conflit pour quelques mois. Seulement voilà.

30 Janvier 2007 : J’apprends que Soleil Noir, une agence que j’ai dans le collimateur depuis quelques années pour la qualité de ses travaux, recrute un flasheur. Ca me fait changer d’avis et je décide donc, en ayant déjà à l’idée l’après Gobelins, de tenter ma chance. Bien sûr j’en parle à Gobelins. (mail)

Je me lance donc à la conquête de soleil noir, nouveau portfo, je me fais recommander par ma Directrice Artistique auprès de leur DA, je me fais recommander auprès de leur DG par un ami y travaillant. Je les relance. Je décroche un entretien. A l’issue de l’entretien et après les avoir relancé pour obtenir une réponse, je suis finallement accepté en tant que Flash Designer chez eux, dire que j’étais content serait atténuer grandement les choses.

Nous sommes le 30 Mars 2007 : L’école reçoit un mail de mon entreprise leur demandant ma présence sur du temps “école” durant 3 jours, j’avais eu le malheur d’être malade durant 2 jours. Par ailleurs ils souhaitent un entretien avec Marie France Zumofen car je leur ai annoncé que je désirais changer d’entreprise, ils sont mécontents de mon comportement, ils désiraient m’embaucher à l’issue de Gobelins disent-ils, alors que je leur avais fait part de mon désir de changer de boîte, ne serait-ce que pour voir un nouvel environnement et de nouveaux clients. Mail de véronique à la secrétaire :

Par ailleurs baptiste ne souhaite pas se faire embaucher, il a une autre proposition ailleurs, chez soleil noir.
[…] Le mieux, selon moi est de soutenir baptiste et d’éviter tout abus.
Me voilà donc en conflit plus ou moins ouvert avec mon entreprise qui ne désire non seulement pas me laisser changer de boîte mais qui en plus dit à Gobelins qu’elle est mécontente car elle désirait me garder. Pour être honnête je m’y attendais, le meilleur est à venir.
Le 03 Avril 2007 : Gobelins concède une journée d’absence à mon entreprise, je loupe donc les cours le jeudi suivant, dans l’ambiance que vous pouvez imaginer.
S’est ensuite passé quelque chose de surréaliste, le soutien que je pensais avoir de la part de l’école pour appuyer mon désir de changer d’entreprise se sera résumé à un entretien téléphonique de Marie-France Zumofen avec mon DG au cours duquel elle leur aura dit que j’étais déprimé et que je ne me sentais pas bien chez eux. Vraiment plus pertinent et courageux que de leur parler de leurs manquements au contrat, de la portée éducative et créative des projets, réelles motivations de mon envie d’aller voir ailleurs. Mon entreprise tombait des nues car du fait de la bonne ambiance entre employés ils n’auraient jamais imaginé que je pouvais être “déprimé”. J’ai appris après coup que mon DG avait annoncé à tous mes collègues que j’avais des problèmes psychologiques et que j’étais en dépression. Génial.
Extrait du mail que j’ai envoyé le 04 Avril à Marie-France Zumofen :
Sans l’assurance que je pensais avoir de pouvoir effectuer ce changement avec le soutien de l’école, je n’aurais pas candidaté. Cette année, on m’a répété à plusieurs reprises que c’était “quand je voulais”, des élèves de ma promo m’ont dit que l’école était très dissuasive, que leur boîte ne voulait pas les laisser partir dans un premier temps, puis avait finalement accepté.
Je me suis donc fait baiser. J’ai planté Soleil Noir, ce qu’ils n’ont pas apprécié et je les comprends, mes affaires avec mon entreprise précédente ne les regardaient pas. Pour être honnête cette seconde année aura été une lente descente aux enfers. Je me suis désinvesti progressivement du projet collectif, ne parvenant pas à trouver ma place graphiquement parlant dans l’équipe, étant lassé par les contradictions de l’école, par l’absence totale de pratique durant les 5 premiers mois de la seconde année, par le mépris affiché de certains intervenants et l’impression de perdre du temps et de l’énergie à toujours se répéter, j’ai sans doute mes torts, je pense que les autres personnes de mon groupe n’ont pas vécu les choses facilement non plus. Mais moi, j’avais juste envie de me flinguer. A un moment je ne parlais plus aux gens de mon groupe, ils ne me parlaient plus, je n’avais rien à faire et ne voulais rien demander, je venais à l’école, j’attendais et puis je repartais chez moi.
Nous en étions donc venu au point de rupture, le 24 Janvier j’avais envoyé un mail à Véronique, j’y vidais mon sac, je lui faisais part de mon ressenti avec sincérité et franchise, je ne sais pas si beaucoup d’élèves ont eu ce genre de démarche, ce genre de feedback qui vient des tripes et qui à mon sens est crucial pour une école qui souhaite toujours comprendre ses élèves.
Véronique Ficara m’a convoqué pour me proposer une “dernière chance”, afin de raccrocher le wagon, à deux mois de la fin de l’année. J’ai refusé, n’ayant jamais été motivé par le diplôme, or il me semblait que c’eut été la seule raison d’accepter son offre, obtenir mon diplôme, à la barbe d’un groupe de projet avec lequel je n’avais plus réellement travaillé depuis plusieurs mois, obtenir le diplôme d’une formation qui après coup n’était pas ce que je pensais, n’était pas ce que je voulais faire.
Je suis passé en conseil de discipline à la suite duquel il a été décidé que je finirai l’année à temps plein dans mon entreprise. La première et l’unique, bien sûr. Je profitais de l’occasion pour faire part aux personnes présentes de mes regrets quant au déroulement des événements, Marie-France Zumofen concéda qu’elle ne savait pas comment il avait été possible que me soient autorisées autant d’absences au profit de mon entreprise.
J’ai donc terminé mon année en travaillant à temps plein. Quittant prématurément et non sans une certaine honte mes camarades. Je n’ai bien sur par obtenu mon diplôme (pour une raison que j’ignore on m’avait pourtant à un moment laissé entendre qu’il était possible que je l’aie tout de même). C’est peu dire que l’école, Paris, les agences, tout me gavait. On venait d’élire un président magnifique. Les raisons étaient rassemblées pour me donner envie de m’expatrier. Ce que je fis.
Alors pourquoi raconter tout ça maintenant ? Car aujourd’hui un évènement m’a fait sortir de mes gonds. Après un an passé à travailler dans une grosse agence de publicité, se dessinent devant moi les lignes d’un milieu ou l’étape de réalisation est méprisée, au profit de celle de la conception, de celle de la vente. La publicité, le multimédia tel qu’il se pratique dans les grosses agences et dans certaines écoles méprise la réalisation. Si vous voulez gagner plus, devenez concepteur, devenez chef de projet, devenez copyrighter, devenez commercial. Si vous voulez être meilleur. Si vous voulez faire les vraies choses, ne vous servez plus que de powerpoint. La réalisation on lui crache à la gueule comme si elle était sale. Les mecs de la réal ils ne voient jamais les clients, les mecs de la réal on peut leur demander de tout changer, de travailler pour rien, on peut jeter leur créativité à la poubelle, tant que le client paie. Notre milieu est rempli de beaux connards, qui ne comprennent rien à la philosophie d’Internet, des losers qui sont condamnés à être à la traîne, ils s’invente leur propres awards, pour avoir l’impression de faire des choses, ils se congratulent les uns les autres. Ils tentent de tirer vers eux les projecteurs, même si pour cela il faut se sâlir les mains, même si pour celà il faut laisser des gens en cours de route, comme quand Gobelins mets tous ses moyens sur le projet qui leur semble le plus prometteur à quelques semaines de la soutenance, afin que l’école puisse rayonner. C’est typique de Gobelins, avoir un projet phare. On gagne des prix et puis on en entend jamais plus parler. Mais ceux qui courent c’est qu’ils ont un train de retard. Les essoufflés sont condamnés à ne jamais être libres.
C’est intimement lié à notre société, la façon dont elle fonctionne. Le concret c’est le travail des pauvres, les meilleurs rayonnent dans l’abstrait, dans les couches stratosphériques, dans le microcosme des gens qui pensent penser, qui s’inventent des méthodes complexes pour parler des choses, entre eux. L’argent se trouve là ou est le bien. Tel poste gagne moins que tel autre, c’est qu’il est moins bien.
Je serais curieux de savoir quels sont les élèves sortants de Gobelins qui se vendent en tant que Concepteurs. Leur proportion par rapport à ceux qui trouvent des postes de développeurs, de flasheurs, de graphistes, de webdesigners, de directeurs artistiques juniors.
On nous dira que leur expérience de conception leur sert dans leur vie de tous les jours, dans le poste qu’ils occupent, ce à quoi je réponds : bullshit. Leur expérience de conception telle qu’on a pu leur enseigner leur servira le jour où ils rejoindront l’élite des gens qui ne font plus, l’élite des gens qui commandent, qui décident, qui gèrent. Et petit à petit ils seront distancés, ils ne comprendront plus les choses, leur pied d’estal se dérobera sous le poids de leur satisfaction.
La conception je la perçois comme on peut percevoir l’expérience professionnelle. La conception n’est pas un métier. La conception est un enseignement qu’on retire de la pratique. On doit la pratiquer avec humilité, on doit la mettre au service de la réalisation, au service du produit fini. Combien de chefs de projets qui se masturbent sur leur arborescence alors que le résultat final pue de la gueule ? Il ne devrait pas y avoir de mieux, les gens devraient travailler ensemble, s’estimer les uns les autres. Difficile d’estimer les donneurs d’ordres lorsqu’ils ne font que peu de cas de votre motivation, de votre talent, de vos feedbacks.
Il est tard, c’était la partie Gobelins, avec une ouverture sur ma vision très critique et pessimiste de l’état des agences de communication aujourd’hui. J’y reviendrai. Je vous parlerai aussi de l’évènement qui m’a poussé à coucher tout cela sur mon blog : j’ai découvert qu’un de nos intervenant, une des personnes qui suivait notre projet, en avait intégralement pompé le concept et le graphisme au bénéfice de la boîte pour laquelle il travaille.
Documents de conception datés et screenshots à l’appui le prochain post viendra donc vous montrer la bassesse dont sont capables certaines personnes, celles-là même qui vous toisent de haut toutes enorgueillies qu’elles sont de leur réussite, prenant un malin plaisir à tenter de vous écraser sous le poids de leur “expérience”, vous parlant de projets top secrets sur lesquelles elles sont en train de bosser. Leur présence à Gobelins ne leur sert que de faire valoir et de supermarché à idées.
“May I never be complete. May I never be content. May I never be perfect.”
Des erreurs de syntaxe peuvent se trouver cachées dans cette note, mais il n’est pas nécessaire de me les signaler car je m’en tanne le cul avec un rouleau à pâtisserie.
Addendum : Je continue à parler de Gobelins à mes amis, je continue de partager mon expérience en essayant d’etre le plus objectif possible et de ne pas faire déteindre mon amertume sur les gens qui viennent me demander conseil, conscient que mon expérience m’est personnelle et peut ne pas etre partagée par d’autres (je ne souhaite pas qu’elle le soit !). A la rentrée 2008 un CRMA et un CDNL seront des gens que j’ai directement conseillé et briefé avant le concours.

11 Responses to “Gobelins, l’école de l’image - Formation CRMA, promo 2007.”


  1. 1 Newick

    ouah ca calme! moi qui voyait gobelins comme le paradis inaccessible (loupé l’oral) ca fait changer d’idée!

    ce commentaire est de tout inutilité, mais je suis sur le cul! j’ai pas suivi ta progression mais pwah!!

  2. 2 o_O

    Ca y est on a enfin ton point de vue ! A force d’entendre des petits bouts par ci par là on avait fini par se faire une idée mais au moins la c’est clair. Juste pour une première réponse rapide et peut-être éviter trop de réactions comme celle Newick je donne mon impression en tant qu’actuel étudiant de la formation.

    Globalement je trouve l’équipe très à l’écoute des plaintes qui peuvent être faites. A savoir que les problèmes que t’as pu rencontrer (au niveau de l’organisation de la section elle même, pour ton changement d’entreprise il semble effectivement que … bah ça ait déconné) ont eu une réponse par la suite. Les promos sont composées de façon égales entre dev et graphistes, il y a une revue de code pour les dev (ça en a sauvé certain d’ailleurs), le premier sujet de la formation va être réformé pour être remplacé par des exercices plus ponctuels, etc … et on nous a demandé quels cours nous semblait inutiles, lesquels seraient à adapter.
    On verra l’année prochaine si nos critiques ont été prises en compte mais la formation évolue tout le temps pour s’adapter aux élèves et au marché.

    Sur la part importante laissée à la conception, il se trouve que j’ai justement fait la critique inverse au niveau des cours de graphisme. On a eu des cours techniques mais rien sur la conception d’une image graphique. La technique on s’en branle tu peux l’apprendre par toi-même, des centaines de gens le font (y a qu’à voir la nouvelle école polonaise, plein de clinquant avec 0 idée, 0 traduction, tous leurs travaux se ressemblent). Penser un projet en fonction d’un besoin, d’une cible et de contraintes, c’est là qu’une école peut t’apporter.
    Qu’on soit bien d’accord je ne dis pas qu’on peut se passer d’une bonne réal, mais que tu n’as pas besoin d’une école pour apprendre cette part ou au moins que Gobelins ne s’est jamais positionné sur ce créneau (en multimédia tout du moins).

    En fait y’a vraiment un truc autour des rôles donnés dans le multimédia comme tu le soulignes. C’est pas à un chef de projet de faire de la conception, pas plus qu’à un graphiste ou un dev. Idéalement ce serait un concepteur ayant conscience des contraintes liées à chaque rôle, ce qui me semble plutôt balèze. Ou alors si il y arrive à un moment, il ne pourra pas suivre les évolutions dans tous les domaines à la fois.
    La conception devrait donc être faite par un groupe de personnes représentant chaque corps de métier mis en oeuvre (tous égaux comme tu le dis). Pour en avoir parler à mon MA (oui j’aime bien me plaindre), il s’avère que c’est souvent juste impossible pour des contraintes de temps. Vu le nombre de projets à mener en même temps pour qu’une entreprise puisse vivre, on ne peut pas demander à un flasheur de se mettre à la fois sur la conception et sur son travail de dev, c’est juste pas tenable niveau rythme. Donc oui après y a un système “d’élite” pour grimper vers la conception mais si tu veux évoluer en tant que dev ou graphiste c’est la même, tu fais de la merde, tu fais de la décli, du débug avant de passer DA ou DT.

    Enfin bon y a un gros débat de fond (qui revient peut-être à l’étape “je veux refaire le monde” quand on arrive au lycée et qu’on découvre qu’il est pas aussi chouette qu’on l’espérait) et en plus j’ai du m’embrouiller entre ce que tu disais et ce que je pensais mais bref.

    Et j’ai bien hâte de voir ton prochain post aussi. Ca nous est arrivé à petite échelle pour notre premier projet mais là ça m’a l’air assez énorme o_O’.

  3. 3 Briac

    ça méritait un bon article effectivement :)
    Je pense aussi que ce type d’article est vraiment utile pour de futures étudiants, qui ont vraiment besoins de vrais témoignages. J’espère pour Gobelins qu’ils ont leur lot de témoignage positif pour contre-balancer ahah

    Pour avoir appris et pratiqué le métier de “designer interactif” à Montréal pendant un an, je peux parler de la “conception”. Il se trouve que ce job (peut se décliner sous pas mal de forme) est un job à plein temps, qui n’est pas un job de designer graphique, ni d’intégrateur, ni de developpeur, ni de directeur de création, ni de copywriter, et encore moins de chef de projet. J’espère que c’est une profession (et une façon de travailler) qui va se généraliser en europe dans les années à venir. Faire des arborescence, des flow chart, des wireframes et autres diagrames, est un job d’execution comme les autres (même s’il s’agit de “conception”) qui peut s’avérer très complexe et nécessiter des compétences spécifiques mais également de ne faire que ça dans son boulot au quotidien. Et je gagne le même salaire en faisant ça que l’ami développeur ou designer en faisant ça. Le chef de projet (ou coordinateur ou directeur de compte etc) ne s’occupant alors que de la relation client, du budget, des échéanciers etc…

    Je trouve que comme ça la dynamique est bien plus intéressante, la conception d’architectures et d’interactions complexes, dans le but de réaliser toujours une experience utilisateur idéale, n’est alors pas réservée à un chef de projet “qui n’y connait rien”. D’autre part, chaque membre de l’équipe peut se concentrer sur ses propres tâches : design graphique, developpement… C’est aussi une manière de ne pas se résoudre à être un homme à tout faire bon marché quand on veux travailler dans le multimédia…

    C’est pour cela que je serais favorable à l’idée d’une formation universitaire consacré uniquement à l’UX, IA et compétences spécifiques du design d’interaction, tout comme il serait profitable d’avoir une AUTRE formation poussée dans le design graphique pour l’écran (par la je veux dire une formation plus spécifique que design graphique tout médias confondus), ou motion design, ou développement etc… sans qu’on soit obligé de faire du tuto tous les soirs en rentrant…

    Quand à savoir si apprendre tout à la fois est profitable pour son métier par la suite, oui je pense que tout est bon à apprendre dans l’absolue, mais bon, ça va pour un temps. Jpense que probablement, le bon cursus serait un niveau license dans du multimedia avec une approche globale (creative, dev, conception, com, marketing etc), puis un master dans un domaine spécifique.

    Quand à la gestion de projet, il me semble que c’est également un domaine spécifique et non si globale ou le junior serait obligé d’être un couteau suisse du multimedia aspirant à un bon salaire, mais plutôt une autre formation spécifique de gestion…
    Encore une fois, dans ma boîte, les chefs de projets ont le même salaire que les dev, que les designers graphiques, les designers interactifs etc…
    Mais je pourrais aussi parler de pleins de trucs chiants, frustrants, injustes etc, rien est idéal :)

    Toujours est il que je te félicite pour avoir expliquer dans une article, et j’attends avec impatience la mise à mort du félon qui a oser faire ça ^^

  4. 4 Gnou

    Tres bon article.

    J’entends parler de toi depuis un moment sans trop savoir pourquoi, sans savoir ce qui s’etait passé et je suis content d’avoir une réponse !

    Je suis dans la promo de O_o, non pas en tant que graphiste mais en tant que dev et je ne peux que renforcer ses propos. La majorité des problèmes que tu as rencontré au cours de ton cursus ont certainement contribué à l’amélioration de la formation. Je n’arrive meme pas a concevoir une promo avec seulement 4 profils techniques… Voila qui a été corrigé puisque l’on est maintenant 10 ! On est justement la pour éviter les dérives au stade de la conception lorsqu’il s’agit de réaliser un produit finit.

    Bref, a force de se plaindre, on nous écoute à gobelins, et c est bien parcequ’on le fait qu’on a finalement eu droit à notre revue de code pour notre projet de fin d’année. Donc oui ça prend du temps, et ceux qui permettent cette évolution n’en profitent pas directement puisque les programmes sont ficelés en début d’année, mais les nouveaux arrivants en profitent !

    Cette formation est encore pleine de défauts et on ne cessera de répéter qu’on y apprend surtout via ses camarades.

    Apres pour ta galère d’entreprise, j’ai pas eu de problème avec ca donc je peux vraiment pas en parler… D’autres en ont ou en ont eu, et j’aurai vraiment pas aimé être a leur place.

    Allé, peut être à bientôt sur paris.

  5. 5 Jean-Caillou!

    Salut,

    Ancien étudiant des Gobelins (promo 1 en CRM à Annecy), je me permets de revenir sur ton long post.
    Dans la première partie concernant l’école et le déroulé de tes études, je retrouve certaines similitudes avec ce que j’ai connu à Annecy, c’est à dire que certains ont eu des difficultés en entreprise (j’en ai eu aussi pour ma part), que certaines personnes ne s’entendaient pas, que le staff de direction n’était pas toujours très compétent ni solidaire des élèves, que certains cours étaient moins utiles que d’autres et qu’au moment de constituer les groupes pour le projet de deuxième année, nous avons également eu un peu de mal.
    Par contre je trouve ton histoire de 1 graphiste pour 3 développeurs un peu tirée par les cheveux, la formation de concepteur réalisateur multimédia a pour objet de former aux métiers du multimédia, dont graphiste et développeur font partie, mais tu sembles oublier l’aspect marketing, organisationnel, et le travail de projet qui entoure toute réalisation multimédia. A te lire, on dirait qu’un site internet n’est que de la réalisation, mais je pense au contraire que la conception est une part plus qu’importante du job et qu’elle est prépondérante (et pourtant je ne suis “que” graphiste). Pour moi, ignorer le travail des concepteurs, c’est un peu comme apprécier un film uniquement pour la qualité de ses effets spéciaux en omettant l’histoire et la mise en scène.

    Je ne tient pas à m’insurger contre ton post à tout prix, mais malgré les défauts qu’elle a, l’école Gobelins est selon moi, en France, la meilleure formation qu’un futur “travailleur du multimédia” peut attendre, et les cours de projet ou de conception sont les meilleurs outils pour aborder sereinement une carrière. Certes le travail et l’expérience sont la clé de l’apprentissage, mais ça n’est pas tout.

    Voila, je n’ai pas réussi à résumer toutes les pensées qui m’ont traversé l’esprit à la lecture de ton article, mais je tenait à répondre du mieux que je pouvais. Tu n’as peut-être pas réussi à mener à bien cette formation, mais je pense que la faute tient pour beaucoup à toi même, car malgré que nous ayons rencontré les mêmes difficultés et frustrations que toi, nous y sommes parvenu.

    Bonne chance pour la suite

    Guillaume aka Jean-Caillou, ancien Gobelins

    PS : je suis quand même curieux de lire ton ancien post, peut-être que mon avis évoluera

  6. 6 Tetsouille

    J’ai vécu beaucoup de choses similaires à Annecy, d’énormes frustrations pour mon profil de graphiste.
    Les frustrations semblaient être les mêmes pour les profils techniques des dev’.
    Faire une formation trop généraliste, avec des profils forcément différents, il est normal qu’au final des personnes ont du mal à s’y retrouver.
    Je m’attendais à une formation très technique, et faire peu de choses, mais ces choses là à fond (comme Roi Heenok). C’est au final très généraliste.
    J’attendais également beaucoup sur la formation flash, pour avoir au final 3 cours seulement la deuxième année. Ou sur le motion design comme avec After Effects (en deux tutos Andrew Kramer j’ai appris plus qu’aux cours Gobelins).
    Pour vraiment apprendre, il faut je pense être encore très scolaire, les profils trop fort ou trop pro se sentiront un peu délaissés.
    Quand à la partie conception, elle est réellement trop présente face à la réalisation aux Gobelins. On nous conseille qu’il vaut mieux faire du fake que de la vrai réalisation lors de certains projets en deuxième année. C’est dommage de lancer des étoiles sans savoir faire au final.
    Je suis totalement d’accord sur le fait que la conception est indéniable, obligatoire et intrinsèque au bon déroulement d’un projet multimédia (et d’un projet en général). Juste qu’il serait cool de s’attarder également sur la réalisation pour avoir une vraie enveloppe à l’image du dossier de conception des projets d’étudiants Gobelins.
    Ce n’est que mon avis, je m’attarde surement trop comme Baptiste sur l’image finale du produit en elle même.
    Cependant le point fort de la mixité des promos Gobelins c’est réellement le fait de connaitre par la suite des profils différents avec qui ont pourra collaborer (par ex. si je veux travailler avec un dev en free ainsi de suite). J’ai également beaucoup plus de recul et de maturité sur les méthodologies de conduite de projet. Expérience, expérience mon amie :)

  7. 7 opti

    Il semblerait que tu te sois bien amusé après SRC…
    En tous cas tu as un gros potentiel en rédactionnel. Peut-être que l’edito te réserve un meilleur plan de carrière que la réal ^_^

    be well

    opti

  8. 8 JCD

    Salut Baptise,

    je découvre les détails de ton parcours après SRC et je te remercie pour le retour d’expérience que tu nous offres.

    Sans revenir sur les événements que tu évoques ni les relations houleuses avec ton ancienne directrice de formation, j’ai été surpris de constater comment Les Gobelins étaient tellement en attente de retours d’étudiants afin de définir leur programme pédagogique.

    Loin de moi l’idée de considérer que seuls les enseignants ont une vision claire de l’évolution du secteur mais pour des professionnels, intervenant aux Gobelins, je pensais qu’ils étaient plus innovants que l’image que tu décries.

    Les retours que j’ai eu de nos étudiants, ayant candidatés cette année à Annecy montrent qu’ils ont le soucis de recruter des développeurs (pour sûrement éviter les écueils que tu as vécus). Clairement, il est plus facile de rentrer aux Gobelins à Annecy en tant que développeur / graphiste. Il faut dire qu’ils gardent une image de formation de haut niveau en graphisme pour devenir webdesigner, alors que vos retours montrent qu’ils restent très généralistes. Ils pourraient être beaucoup plus clair sur leur formation.

    Sur le créneau de l’après SRC et d’une formation aux métiers de conception, HETIC paraît être bien placé (deux étudiants de la promo de Briac y sont et sont très satisfaits).

    Quand aux relations concepteurs / réalisateurs, c’est passionnant. J’avais eu un avant goût en suivant ton twitter mais là, c’est le summum.

    On t’attend pour les 11 ans…

  9. 9 stephan

    Pour rebondir sur l’HETIC dont il est question dans le commentaire précédent, je pense pour ma part que les formations payantes en “conception multimédia” sont à fuir comme la peste.

  10. 10 fre

    juste un petit mot pour dire que j’aime beaucoup cette vision de la conception web telle que tu la décris, c’est peut etre la que j’ai envie d’aller. promo src 2003-05, profil ni graphiste ni developpeur, pas tenté gobelins parce que ca me semblait réellement inacessible, je suis allé vers un master en communication, peut etre une erreur, je ne sais pas, l’avenir le dira.

    la, aujourd’hui, stagiaire chef de projet en agence, c’est pas mon truc, je fais un mauvais chef de projet. je prefère clairement être du coté des gens qui font, pas celui du coté des gens qui disent, même si c’est moins reconnu ou mis en avant.

    la conception, c’est pas ce que je fais concrètement, c’est pas non plus une compétence concrète comme celles que peut avoir un developpeur, mais j’ai l’impression de l’effleurer du bout des doigts, c’est pas encore exactement ca, mais hmm, y’a quelque chose à faire dans ce sens…

    en tout cas, chapeau pour cette prise de recul.

  1. 1 Eh ben. at SOYMALAU - MMVIII - ZEITUNG

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